Questions/Réponses

(Première série de questions publiée au mois d'avril 2014)
 

Dans quel état d’esprit êtes-vous après 7 mois de voyage ?

Nous sommes heureux! Ce voyage autour du monde est une expérience formidable, très riche en découvertes. Nous avons la chance de ne pas avoir de quotidien bien défini où chaque journée apporte son lot de surprises! Nous comptons bien profiter des 4 mois restants à travers l’Amérique du Sud et l’Afrique. Toutefois, nous sommes conscients que nous avons de la chance de ne pas avoir eu pour l’instant de gros problème. Aussi, c’est frustrant de traverser certains endroits sans avoir le temps de se poser un peu, mais nous nous promettons souvent que nous reviendrons!

 

Quel serait un premier bilan des rencontres avec les micro-entrepreneurs ? 

Les rencontres effectuées nous ont confortés dans notre vision du microcrédit: il s’agit d’un extraordinaire moyen de développement s’il est pratiqué de manière sociale et non à des fins lucratives. Nous notons des différences significatives entre les différentes institutions de microfinance (IMF) et les différents pays quant au fonctionnement de la microfinance, de l’implication des employés et de l’accompagnement social plus ou moins poussé. Dans tous les cas, 100% des prêts arrivés à leur échéance nous ont été remboursés et nous avons prêté de nouveau l’argent à d’autres projets. En revanche, nous sommes parfois frustrés de ne pas avoir accès à toutes les données nécessaires pour analyser en profondeur les problèmes que les IMF peuvent rencontrer.

 

Est-ce que c’est l’aventure ?

Moins que l’on ne pensait! Nous n’inventons rien en voyageant par la route, des dizaines d’autres overlanders sont déjà allés en Asie et ont parcouru la panaméricaine avec tous types de véhicules. De plus, les rencontres avec les micro-entrepreneurs, les partenaires et les traversées en cargo nous obligent à passer du temps à planifier notre voyage et à respecter des échéances. Le projet laisse donc peu de place à l’aventure.

 

Quel est votre pays préféré pour l’instant ?

Difficile à dire! Chaque pays nous a marqué et a ses spécificités. Nous avons adoré le nord-est de la Turquie pour son ambiance, l’hospitalité iranienne nous a profondément touchés, l’Inde nous a déboussolés…  Mais puisqu’il faut répondre, nous avons eu tous les deux un coup de cœur pour le Mexique.

 

Vous avez l’air toujours content, y a-t-il des moments plus difficiles ? 

Bien sûr! Lorsque la voiture ne fonctionne pas très bien, que nous devons patienter des heures aux douanes ou lorsque nous restons bloqués dans des embouteillages! Mais ce n’est jamais très grave et ces mauvais moments sont vite oubliés.

  

Est-ce que vous vous ennuyez sur la route ?

Lorsque l’on conduit dans les pays que nous traversons il faut être attentif, donc le temps passe vite! Quant au passager, il a toujours de quoi s’occuper: écriture, préparation de l’itinéraire, des rencontres et du tourisme ou sieste!

 

Qui conduit ?

Nous deux! On change régulièrement de conducteur en fonction du trafic, de la route ou de l’état d’esprit de chacun.

 

Comment vous repérez-vous ?

Nous n’avons pas touché à une carte papier depuis le départ! Nous utilisons l’application Google Maps pour iPad. Lorsque nous avons le wifi nous chargeons notre itinéraire en zoomant sur les routes que nous allons emprunter et les villes traversées. Puis lorsque nous roulons, l’iPad nous localise sur la carte chargée, facile! Mais nous venons de découvrir une nouvelle application: Maps With Me. Grâce à celle-ci nous avons téléchargé toutes les cartes d’Amérique du Sud, plus besoin du wifi, c’est une vraie révolution pour nous!

 

Qui écrit ?

Nous écrivons à tour de rôle et l’autre relit ensuite pour vérifier l’orthographe, changer le vocabulaire ou les formulations.

 

Est-ce qu’il y a des tensions dans l’équipe ?

Nous nous connaissons depuis presque 15 ans, nous fonctionnons et pensons de la même manière, résultat pas de tension malgré la promiscuité!

  

Comment va la voiture ?

La voiture va plutôt bien compte tenu de ce qu’on lui fait subir! Bien évidemment nous l’entretenons et avons des petits travaux à faire régulièrement. Nous avons aussi changé quelques pièces, mais nous sommes très contents et fiers de notre bolide! Elle a d’ailleurs passé 3 jours chez un garagiste colombien spécialisé en 4L pour pouvoir affronter les fameux cols d’Amérique du Sud dont certains dépassent les 4000 mètres d’altitude!

 

Où dormez-vous en général ?

Dans la campagne nous campons soit dans des endroits sauvages, soit nous demandons à des locaux si nous pouvons nous installer dans leur jardin ou leur champ. En ville nous trouvons refuge dans des petits hôtels ou auberges de jeunesse. Nous nous faisons aussi parfois héberger par des amis, des couchsurfers et même chez l’habitant!

 

Que mangez-vous ? 

Nous aimons goûter les plats locaux, rien de tel pour cela que de déjeuner dans des petites cantines remplies de locaux ou de prendre des plats dans la rue, souvent bon marché. Le soir nous faisons des salades de crudités ou nous cuisinons sur notre réchaud des soupes de nouilles chinoises lyophilisées ou des gros plats de pâtes!

 

Comment faites-vous vos lessives ? 

Nous sommes assez forts pour garder longtemps nos vêtements… Mais n’importe quel hôtel propose un service de laverie, qui sont aussi très courants dans les petites villes.

 

Alors le monde c’est dangereux ? 

Quel que soit le pays, il est évident qu’il y a certaines règles de bon sens à observer. En 7 mois nous avons fait 98% de bonnes rencontres y compris dans les pays ou les régions dîtes « dangereuses ». Nous avons surtout été surpris par la bonne humeur des gens en général, leurs sourires, leur générosité, leur gentillesse et leur bienveillance.

 

Avez-vous eu des accidents ?

Nous avons pour l’instant évité tous les obstacles! Nous avons seulement « frotté » une moto dans un virage un peu large au Népal, qui a laissé une petite marque sur la carrosserie et sur le pot de la moto!

 

À voir tant de beaux paysages, villes, monuments, arrivez-vous à rester émerveillés ? 

C’est vrai qu’il y a une routine non désagréable qui s’est installée et c’est surprenant à quel point l’œil semble s’habituer à découvrir plein de belles choses différentes tous les jours. Sans être blasés loin de là, nous avons comme la sensation d’être parfois moins éblouis par certaines choses que si nous débarquions de Paris via l’aéroport le plus proche… Mais nous savons apprécier chaque minutes, même celles passées aux douanes dans un bureau miteux sur le port de Cartagena!

 

Comment voyez-vous la vie après votre retour ?

Toutes les bonnes choses ont une fin (sauf le saucisson qui en a deux)! Nous sommes tous les deux contents à l’idée de rentrer, de retrouver nos proches et la France même si nous avons conscience qu’il y aura peut-être des moments plus difficiles lorsque nous devrons reprendre une vie normale. Nous sommes convaincus que réaliser ce voyage solidaire au cours de nos études était idéal pour nous deux. Il sera le levier de multiples autres aventures personnelles ou professionnelles.

 

 
 
(Seconde série de questions publiée au mois de juillet 2014)
 

Combien d’heures ou de kilomètres roulez-vous par jour ?

Ça dépend ! Nous pouvons nous arrêter pendant plusieurs jours lorsque nous rencontrons des micro-entrepreneurs ou organisons les traversées en cargo, mais nous pouvons aussi rouler beaucoup, du levé au coucher du soleil selon nos objectifs. Donc difficile de donner un chiffre précis… Nos extrêmes ont été d’environ 1 050 kilomètres en une journée au Brésil et 6 semaines sans conduire lorsque la voiture était dans un container de l’Inde aux États-Unis. Généralement nous évitons de conduire de nuit, la circulation est plus dangereuse et on ne peut pas profiter du paysage !

 

Est-ce que vous n’allez pas trop vite ?

Nous avons rencontré des overlanders beaucoup plus rapides que nous, mais effectivement la majorité d’entre eux voyagent plus lentement… Nous pensons que l’important est de voyager à son rythme, d’être bien dans son voyage. Notre cadence un peu rapide tient de notre volonté à faire un tour du monde en un an et nous ne regrettons absolument pas cette décision ! Toutefois nous avons parfois le regret de ne pas pouvoir profiter plus de certains endroits, mais nous nous rassurons en nous rappelant que nous avons la vie devant nous pour revenir !

 

Comment c’est de traverser l’Atlantique en cargo ?

Une sacrée expérience ! Observer le fonctionnement des ports est captivant. Une fois en mer, les jours se ressemblent : ping-pong et footing le matin, lecture et travail l’après-midi et film le soir. Nous avons profité d’être tous les deux, sans distraction (comme internet…) pour travailler sur le retour du projet : montage de vidéos, préparation de la conférence de retour, tri des photos, rédaction de 150 mails de remerciement… Nous ne nous sommes pas ennuyés ! Pour plus de détails, n’hésitez pas à lire ou à relire notre carnet de route « Transatlantique ».

 

Pourquoi est-ce si difficile d’envoyer la voiture sur un autre continent par cargo ?

C’est un monde assez obscur pour les novices que nous sommes, une vraie usine à gaz même ! Nous commençons seulement à prendre nos repères après 4 envois… En fait, il y a énormément d’intermédiaires pour une traversée, tout d’abord il y a la compagnie maritime qui vous loue un container, celle qui possède le bateau sur laquelle va voyager le container (pas forcément la même) et une agence maritime qui s’occupe des papiers importants de plusieurs compagnies maritimes dans un port ! Mais surtout il y a les formalités en douane… Un passage de frontière terrestre peut prendre quelques minutes mais lorsque la voiture quitte un pays par la mer, c’est une toute autre histoire ! Il faut employer la plupart du temps un agent très coûteux qui s’occupe des formalités, spécifiques à chaque pays et qui prennent du temps. Nous avons passé des heures sur Skype à appeler ces différentes personnes à chaque fois. Bien évidemment il faut payer toutes ces personnes, d’où le coût élevé des traversées.

 

Ça va au niveau budget ?

Nous allons a priori rentrer avec une bulle sur le compte bancaire ! Nous avons finalement récolté tout juste assez de fonds pour rentrer à Rouen. Un tel voyage coûte cher, surtout les envois en cargo qui occupent près de la moitié du poste de dépense de la partie voyage. Un compte rendu détaillé du budget sera publié en septembre.

 

Vous avez préféré voyager en Amérique du Sud ou en Asie ?

C’est très différent ! L’Amérique du Sud est plus facile car on a des repères européens comme la langue, la religion et le niveau de vie est souvent plus élevé qu’en Asie. Mais ça n’empêche pas ce continent de regorger de merveilles ! Le voyage en Asie est peut-être plus compliqué car il est parfois difficile d’échanger avec les locaux. En revanche, la diversité de culture et d’histoire entre les différents pays en font un continent absolument fascinant et attachant. On adore les deux !

 

Est-ce que Microcrédit en 4L s’arrête le 1er août, au retour ?

Absolument pas ! Nous allons commencer par organiser une cérémonie de retour avec le département de la Seine-Maritime en septembre, pour raconter à tous de vive voix notre année ! Puis nous avons le projet de publier un livre photo et de réaliser un film, ces projets vont prendre du temps vous allez donc entendre parler de Microcrédit en 4L encore un petit moment… Mais avant tout ça, on va profiter à fond de des derniers jours qui nous restent !

 

Avez-vous fait beaucoup la fête cette année ?

Moins qu’au cours de notre vie étudiante, nous devons bien l’avouer ! Mais nous avons célébré les moments où nous avons retrouvé des amis et de la famille sur la route. En revanche l’alcool, mise à part dans les pays musulmans, est très répandu et nous avons été bluffé par les quantités ingurgitées par les locaux ! Des vietnamiens avec l’alcool de riz, aux péruviens avec la bière, nous avons été souvent invité à partager leur table ! Ce sont d’ailleurs la plupart du temps des moments forts du voyage.

 

Vous bossez un peu, ou c’est des vacances ?

Mine de rien, tout ça c’est du boulot ! On a à cœur de publier des articles bien écrits, de faire de belles photos et vidéos afin de transmettre le mieux possible ce que nous vivons via Facebook et notre site internet. Tout ce travail de communication prend du temps et nous ne pouvons l’accomplir que lorsque nous sommes à l’arrêt. En effet, nous avons besoin pour travailler d’une prise électrique et d’une connexion à internet ! Pour vous donner une idée de la somme de travail que notre communication représente, nous l’estimons à 6 jours par mois en moyenne. Planifier le voyage, les cargos, les rencontres, établir des plannings prend aussi un peu de temps.

 

Qu’est-ce que vous avez comme matériel de communication ?

On a un ordinateur portable, essentiel pour travailler les photos et monter les vidéos, un iPad qui nous sert de GPS, mails, livres, repose-verre, Frisbee, couteau suisse… Nous avons aussi 4 disques durs externes sur lesquels nous stockons et faisons des sauvegardes. En matériel photo, nous avons un reflex numérique, avec un objectif 24 – 105 mm f/4.0 et un 50 mm f/1.8. Un trépied et un microphone externe, plusieurs cartes mémoires SD ainsi que plusieurs batteries et enfin une caméra GoPro. Cela fait beaucoup de matériel surtout que nous le portons toujours sur nous, mais pour ramener des images de qualité nous étions prêts à tout !

 

Avez-vous été malade ?

Eh non, pas encore ! En Asie nous étions très prudents avec ce qu’on mangeait, rien qui ne soit pas cuit ou bouilli. On ne s’est pas privé en Amérique centrale et en Amérique du Sud et on a recommencé à faire très attention en Afrique. On a peut-être eu un peu de chance ! Nous avons pris des anti-paludéens en fonction des régions du monde et bien entendu on a fait tous les vaccins nécessaires ou conseillés avant de partir (rage, encéphalite japonaise…).

 

Vous êtes-vous fait volés ?

Négatif pour le moment. Nous faisons toujours très attention à nos affaires, en ne laissant jamais rien de valeur dans la voiture. Toutefois, nous avons eu quelques frayeurs en Bosnie et au Pérou, lorsqu’un voleur a forcé la galerie de toit pour récupérer l’essence d’un jerrican et un autre la serrure de la porte, sans avoir le temps de prendre quoi que ce soit.

 

Nicolas & Matthieu