Les questions que vous vous posez… #1

Dans quel état d’esprit êtes-vous après 7 mois de voyage ?

Nous sommes heureux! Ce voyage autour du monde est une expérience formidable, très riche en découvertes. Nous avons la chance de ne pas avoir de quotidien bien défini où chaque journée apporte son lot de surprises! Nous comptons bien profiter des 4 mois restants à travers l’Amérique du Sud et l’Afrique. Toutefois, nous sommes conscients que nous avons de la chance de ne pas avoir eu pour l’instant de gros problème. Aussi, c’est frustrant de traverser certains endroits sans avoir le temps de se poser un peu, mais nous nous promettons souvent que nous reviendrons!

 

Quel serait un premier bilan des rencontres avec les micro-entrepreneurs ? 

Les rencontres effectuées nous ont confortés dans notre vision du microcrédit: il s’agit d’un extraordinaire moyen de développement s’il est pratiqué de manière sociale et non à des fins lucratives. Nous notons des différences significatives entre les différentes institutions de microfinance (IMF) et les différents pays quant au fonctionnement de la microfinance, de l’implication des employés et de l’accompagnement social plus ou moins poussé. Dans tous les cas, 100% des prêts arrivés à leur échéance nous ont été remboursés et nous avons prêté de nouveau l’argent à d’autres projets. En revanche, nous sommes parfois frustrés de ne pas avoir accès à toutes les données nécessaires pour analyser en profondeur les problèmes que les IMF peuvent rencontrer.

 

Est-ce que c’est l’aventure ?

Moins que l’on ne pensait! Nous n’inventons rien en voyageant par la route, des dizaines d’autres overlanders sont déjà allés en Asie et ont parcouru la panaméricaine avec tous types de véhicules. De plus, les rencontres avec les micro-entrepreneurs, les partenaires et les traversées en cargo nous obligent à passer du temps à planifier notre voyage et à respecter des échéances. Le projet laisse donc peu de place à l’aventure.

 

Quel est votre pays préféré pour l’instant ?

Difficile à dire! Chaque pays nous a marqué et a ses spécificités. Nous avons adoré le nord-est de la Turquie pour son ambiance, l’hospitalité iranienne nous a profondément touchés, l’Inde nous a déboussolés…  Mais puisqu’il faut répondre, nous avons eu tous les deux un coup de cœur pour le Mexique.

 

Vous avez l’air toujours content, y a-t-il des moments plus difficiles ? 

Bien sûr! Lorsque la voiture ne fonctionne pas très bien, que nous devons patienter des heures aux douanes ou lorsque nous restons bloqués dans des embouteillages! Mais ce n’est jamais très grave et ces mauvais moments sont vite oubliés.

  

Est-ce que vous vous ennuyez sur la route ?

Lorsque l’on conduit dans les pays que nous traversons il faut être attentif, donc le temps passe vite! Quant au passager, il a toujours de quoi s’occuper: écriture, préparation de l’itinéraire, des rencontres et du tourisme ou sieste!

 

Qui conduit ?

Nous deux! On change régulièrement de conducteur en fonction du trafic, de la route ou de l’état d’esprit de chacun.

 

Comment vous repérez-vous ?

Nous n’avons pas touché à une carte papier depuis le départ! Nous utilisons l’application Google Maps pour iPad. Lorsque nous avons le wifi nous chargeons notre itinéraire en zoomant sur les routes que nous allons emprunter et les villes traversées. Puis lorsque nous roulons, l’iPad nous localise sur la carte chargée, facile! Mais nous venons de découvrir une nouvelle application: Maps With Me. Grâce à celle-ci nous avons téléchargé toutes les cartes d’Amérique du Sud, plus besoin du wifi, c’est une vraie révolution pour nous!

 

Qui écrit ?

Nous écrivons à tour de rôle et l’autre relit ensuite pour vérifier l’orthographe, changer le vocabulaire ou les formulations.

 

Est-ce qu’il y a des tensions dans l’équipe ?

Nous nous connaissons depuis presque 15 ans, nous fonctionnons et pensons de la même manière, résultat pas de tension malgré la promiscuité!

  

Comment va la voiture ?

La voiture va plutôt bien compte tenu de ce qu’on lui fait subir! Bien évidemment nous l’entretenons et avons des petits travaux à faire régulièrement. Nous avons aussi changé quelques pièces, mais nous sommes très contents et fiers de notre bolide! Elle a d’ailleurs passé 3 jours chez un garagiste colombien spécialisé en 4L pour pouvoir affronter les fameux cols d’Amérique du Sud dont certains dépassent les 4000 mètres d’altitude!

 

Où dormez-vous en général ?

Dans la campagne nous campons soit dans des endroits sauvages, soit nous demandons à des locaux si nous pouvons nous installer dans leur jardin ou leur champ. En ville nous trouvons refuge dans des petits hôtels ou auberges de jeunesse. Nous nous faisons aussi parfois héberger par des amis, des couchsurfers et même chez l’habitant!

 

Que mangez-vous ? 

Nous aimons goûter les plats locaux, rien de tel pour cela que de déjeuner dans des petites cantines remplies de locaux ou de prendre des plats dans la rue, souvent bon marché. Le soir nous faisons des salades de crudités ou nous cuisinons sur notre réchaud des soupes de nouilles chinoises lyophilisées ou des gros plats de pâtes!

 

Comment faites-vous vos lessives ? 

Nous sommes assez forts pour garder longtemps nos vêtements… Mais n’importe quel hôtel propose un service de laverie, qui sont aussi très courants dans les petites villes.

 

Alors le monde c’est dangereux ? 

Quel que soit le pays, il est évident qu’il y a certaines règles de bon sens à observer. En 7 mois nous avons fait 98% de bonnes rencontres y compris dans les pays ou les régions dîtes « dangereuses ». Nous avons surtout été surpris par la bonne humeur des gens en général, leurs sourires, leur générosité, leur gentillesse et leur bienveillance.

 

Avez-vous eu des accidents ?

Nous avons pour l’instant évité tous les obstacles! Nous avons seulement « frotté » une moto dans un virage un peu large au Népal, qui a laissé une petite marque sur la carrosserie et sur le pot de la moto!

 

À voir tant de beaux paysages, villes, monuments, arrivez-vous à rester émerveillés ? 

C’est vrai qu’il y a une routine non désagréable qui s’est installée et c’est surprenant à quel point l’œil semble s’habituer à découvrir plein de belles choses différentes tous les jours. Sans être blasés loin de là, nous avons comme la sensation d’être parfois moins éblouis par certaines choses que si nous débarquions de Paris via l’aéroport le plus proche… Mais nous savons apprécier chaque minutes, même celles passées aux douanes dans un bureau miteux sur le port de Cartagena!

 

Comment voyez-vous la vie après votre retour ?

Toutes les bonnes choses ont une fin (sauf le saucisson qui en a deux)! Nous sommes tous les deux contents à l’idée de rentrer, de retrouver nos proches et la France même si nous avons conscience qu’il y aura peut-être des moments plus difficiles lorsque nous devrons reprendre une vie normale. Nous sommes convaincus que réaliser ce voyage solidaire au cours de nos études était idéal pour nous deux. Il sera le levier de multiples autres aventures personnelles ou professionnelles.