De l’Amérique du Nord à l’Amérique centrale

Au Mexique, nous avons contourné Mexico City pour retrouver Claire à Cholula, une amie d’enfance avec qui nous nous appliquions à faire des pâtés de sable en Bretagne il y a de nombreuses années! Bien que nous soyons aussi efficaces qu’une équipe de Formule 1 pour démarrer la voiture en la poussant, nous préférons éviter autant que possible de nous engager dans des grandes villes embouteillées, d’autant plus que nous avons été plusieurs fois mis en garde sur la corruption de la police dans la capitale mexicaine. Après une journée de route sur des grands axes chers mais en bon état, nous avons atteint Cholula, ville voisine de Puebla qui concentre la plupart des étudiants des universités aux alentours. Nous avons été chaleureusement accueillis dans une collocation d’étudiants français en échange. Les voir en pleine période de partiels et de rédaction de mémoire nous a rappelé une nouvelle fois notre chance d’interrompre nos études pour découvrir le monde en voyageant. Pour le week-end, Claire nous a proposé d’aller gravir La Malinche, un volcan de 4461 mètres d’altitude. Engourdis par plusieurs milliers de kilomètres de route depuis les États-Unis, nous avons sauté sur l’occasion de prendre l’air! Ainsi, après avoir retrouvé Camille et Hania deux amies de Claire et être allés au marché pour s’approvisionner pour deux jours, nous avons planté notre tente à 3000 mètres au pied du volcan, afin de commencer l’ascension dès l’aube. Au cours du dîner, à l’écart de nos tentes et autour d’un feu de bois, des chiens errants ont profité de notre inattention pour déchirer la tente des filles et dérober l’intégralité de nos provisions! Ce fut sans doute leur meilleur repas depuis longtemps: jambon, fromage, tortillas, chocolat et même avocats! Ayant une dent contre les chiens affamés de la veille, nous sommes partis au lever du soleil et avons atteint le sommet, 1461 mètres de dénivelé et quelques heures plus tard. À cette altitude où les poumons ne peuvent se remplir qu’à 65% de leur capacité maximale, le manque d’oxygène — pour nous qui ne sommes pas habitués — s’est manifesté par une sensation de fatigue intense où chaque mouvement demandait un effort considérable. La vue panoramique sur les plaines et volcans mexicains valaient bien les quatre heures ardues de montée dans la roche volcanique et sur le sol sablonneux de cet impressionnant volcan. Cette excursion en compagnie de nos nouvelles amies restera l’un des moments forts de notre passage au Mexique.

Nous avons occupé le reste de notre halte à Cholula à organiser la suite du voyage. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’y a pas de route reliant l’Amérique centrale à l’Amérique du Sud. La voiture devra passer en cargo le fameux Darien Gap, jungle infranchissable entre le Panama et la Colombie. C’est donc à nouveau que nous nous sommes plongés dans l’univers infernal du transport maritime, en envoyant des dizaines de mails de demande de devis et de calendrier de traversées. Aucune ne correspondant à notre planning idéal nous avons dû prendre la décision de réserver une place sur un bateau assez tôt au mois de mars, choisissant ainsi d’aller plus vite en Amérique centrale pour privilégier l’Amérique du Sud. Le voyage est toujours une question de choix et de compromis!

C’est donc avec l’objectif d’avancer vite vers le Panama tout en découvrant les incontournables de cette région du monde que nous sommes repartis vers l’est et la région du Chiapas, l’une des moins touristiques du pays. Après une nuit de camping, nous avons découvert à l’aube le site maya de Palenque, où se mêlent ruines, temples, jungle luxuriante et cascades. Nous avons déambulé dans ce site extraordinaire quelques heures sous un soleil de plomb à l’affût des singes hurleurs dont seuls les cris perturbaient le calme du lieu. Aux abords du Golfe du Mexique dans le Yucatán, nous avons continué d’alterner entre camping et petites auberges pour dormir, et pour nos repas entre restaurants de rue et soupes de nouilles chinoises lyophilisées que nous mangions parfois après une salade de crudités et d’avocats. Dans cette région fantastique nous avons fait une halte à Chichén Itzá, connu pour être l’une des sept merveilles du monde. Très bien restaurée, la pyramide majestueuse impressionne par sa géométrie et ses proportions. Au détour de notre route, nous avons aussi découvert les cenote, cavités souterraines partiellement remplies d’eau douce, ces sites presque surréalistes dans lesquels nous nous sommes baignés font partie des plus belles choses que nous avons pu apprécier depuis le début de notre périple. Enfin, nous avons campé à la belle étoile sur la plage, face à la mer des Caraïbes dans laquelle nous avons piqué une tête le matin. L’idée peut faire rêver, mais en réalité le vent nous a recouvert de sable (nous en retrouvons encore au fond de nos duvets), nous avons été attaqués toute la nuit par des insectes et été réveillés à 4 heures du matin par une averse tropicale… Toutefois nous avons été conquis par le Mexique, où nous sommes passés du désert à la jungle en explorant la montagne. Les Mexicains accueillants et gais, le climat, les couleurs et l’ambiance festive qui y règne rendent ce pays chaleureux et passionnant.

La sortie du Mexique et l’entrée au Belize ont marqué nos premiers kilomètres en Amérique centrale! Nous avons traversé ce petit pays en écoutant Bob Marley, musique tout à fait adaptée au rythme et à l’atmosphère du pays. Les paysages, les habitants et les petites maisons colorées sur pilotis nous ont fait penser aux Antilles. Le passage de frontières terrestres est devenu une routine quasi-quotidienne et notre expérience nous permet désormais de couper court à toutes tentatives d’escroqueries. Au Guatemala nous avons découvert le site maya de Tikal, et assisté aux aurores avec émerveillement au réveil de la jungle sur la canopée, du haut d’une des pyramides. En voulant atteindre les cascades paradisiaques de Semuc Champey pour bivouaquer, nous avons dû pour la première fois renoncer à notre objectif et faire demi-tour. La route de montagne très accidentée s’est révélée être impraticable par notre petite 4L qui surchauffait et peinait dans la montée avec ses deux roues motrices. L’ambiance tendue dans les rues au Honduras et le fait que le gérant de l’hôtel se soit armé à la nuit tombée nous laissera un souvenir mitigé de ce pays, dans lequel nous sommes bien conscients de n’être restés que trop peu de temps pour l’apprécier à sa juste valeur. Enfin, nous avons levé le pied au Nicaragua pour découvrir les villes coloniales de León et Granada. Nous nous sommes octroyés un week-end de pause sur l’île d’Ometepe formée par deux impressionnants volcans au milieu d’un lac si étendu qu’il fait penser à une mer intérieure. Nous avons profité de la tranquillité de l’île encore préservée du tourisme, pour nous reposer et travailler sur les carnets de route, les photos et les rencontres avec les micro-entrepreneurs.

Durant cette rapide traversée de l’Amérique centrale, nous avons l’impression de passer notre temps dans les stations services, parfois nous plantons même notre tente dans ces lieux sans charme mais qui ont le mérite d’être économiques et pratiques: wifi, toilettes et café! Nous sommes frustrés de parcourir à toute vitesse cette partie du monde en enchaînant de longues journées au volant, mais au moins nous avons le temps d’admirer les paysages vallonnés et la végétation tropicale nouvelle pour nous! Il fait très chaud et lorsque nous sommes à l’arrêt, notre voiture se transforme en four! Nous transpirons d’autant plus que les contrôles de police sont fréquents sur la route, heureusement nous sommes maintenant bien rodés. Lorsque nous nous faisons arrêter nous oublions comme par enchantement notre espagnol et parlons français en faisant de grands sourires. Nous expliquons par des gestes que nous allons au Brésil para el mundial, pour la coupe du monde de football de juin 2014, ce qui nous le reconnaissons est un petit mensonge. Alors, immanquablement le visage du policier d’ordinaire si grave, s’illumine et la situation se décrispe! C’est donc grâce au football — passion commune de tous les peuples — et grâce au charme de notre petite 4L qu’aucun policier ne nous a encore demandé de l’argent pour une infraction imaginaire, pratique pourtant courante dans cette région.

Nous sommes heureux d’interrompre notre folle course à Managua chez Victor et Margaux, deux amis français. Dans la capitale nicaraguayenne nous rencontrerons de nouveaux micro-entrepreneurs soutenus par l’intermédiaire de notre partenaire Babyloan et sommes ravis à la perspective de découvrir de nouvelles micro-entreprises!

Nicolas & Matthieu

 

Voir les photos du Mexique sur notre galerie Flickr

Voir les photos de l’Amérique centrale sur notre galerie Flickr